Vivre

Quand le béton fleurit

Article publié le 31/05/2011

Fuite. Banc à végétaliser. Marie Garnier / Bétons et objets
Bétons et jardins peuvent-ils s’accorder ? Parfaitement estiment des paysagistes, architectes et designers de plus en plus en nombreux à croire à l’avenir du végétal en ville, et à relever le défi de la «green city» (ville verte).
 

« Comme un arbre dans la ville. Je suis dans le béton. Coincé entre deux maisons. Sans abri sans domicile… » Les célèbres paroles de Maxime Le Forestier ont sans doute inspiré nos paysagistes, architectes et designers. Car pour eux, « les noces durables entre le béton et le bourgeon semblent s’annoncer. » 

« Le béton et le bourgeon » est ainsi l’une des dernières créations en date à avoir retenu l’attention des professionnels et du public lors des Journées des Plantes de Courson. On a pu y découvrir cet étonnant « Jardin d'Essai » réalisé par Xavier Coquelet et Pauline Robiliard, dans le cadre de l'Observatoire des Tendances du Jardin (OTJ). Les deux paysagistes nous ont fait partager l’expérience du jardinage au coeur de la ville contemporaine en mettant en scène des plantes pionnières, celles qui affectionnent généralement les terrains vagues. Cette végétation plus coquette qu’on ne le croit, a ainsi trouvé sa place en s’insinuant dans les moindres interstices d’un sol de béton, veillée par des bouleaux enracinés dans des sacs de gravats !
Au petit jeu passionnant de la cohabitation ville-végétal, Nantes est l’un des centres urbains les plus dynamiques, à l’instar du jardin d’études Mabon. « Sur les 2 600 m² d’une dalle de béton de l’ancienne usine Alstom, il a été décidé de laisser prospérer la végétation spontanée et d’étudier son évolution. Les seules interventions des jardiniers ont consisté à maintenir l’accessibilité des allées au public. ». Toujours dans l’Ouest du pays, à Saint-Nazaire, Gilles Clément a imaginé de planter un bois de 107 jeunes trembles entre les poutres de béton des chambres d’éclatement des bombes (3) ! Á Paris, Louis Benech, ardent défenseur du rôle social du végétal en ville, n’hésite pas à jardiner dans le béton, semant cerfeuil, fusain, iris et chardons au milieu des HLM de la cité Saint-Chaumont .
Á Paris toujours, on pourra bientôt profiter des jardins plantés sur les 10 000 m² de la dalle de béton qui recouvre le boulevard périphérique près de la porte de Vanves. Non loin, à Issy-les-Moulineaux, le paysagiste Guillaume Baschet-Sueur a lui aussi cherché à réconcilier les univers en aménageant un jardin privé structuré par un sol de béton divisé selon des carrés de petits conifères en coussinets.
L’un des exemples les plus enthousiasmants nous vient de Reims les étudiants de l’Atelier Design Vegetal dirigé par Patrick Nadeau à l’ESAD, imaginent « un avenir béton et végétal finiront peut-être pas s’équilibrer pour dessiner une nouvelle ville et de nouvelles vies. » Illustration avec le projet d'Estelle Mary qui a réalisé une série d’expérimentations plastiques mêlant intimement des plantes et du béton. L’effet est saisissant. Cette réalisation n’est pas sans nous rappeler que « le béton trouve son origine dans la roche calcaire » !

 

Pour aller plus loin : 

Carnet des Tendances du Jardin (n° 8)

Votre commentaire

4 commentaires déposés

  • alexandra
    alexandra le 15/06/2011 à 16:30:32

    Article très intéressant, merci à toute l'équipe du site


  • chapote le 21/07/2011 à 12:31:35 | 1 réaction

    Bonjour, je suis gardienne de résidence et j'aurais voulu savoir comment fleurir le béton de la résidence que je gère?


    • Le Beton Naturellement
      Réponse de Le Beton Naturellement le 31/07/2011 à 15:31:14

      Bonjour Chapote

      Votre première amie sera Dame Nature  !

      Donnez la priorité aux espèces indigènes, sauvages, celles qui invitent oiseaux, papillons et autres petits animaux à s’établir en milieu urbain.
      Si la place manque, un balcon ou des appuis de fenêtres fleuris avec des plantes suspendues peuvent faire beaucoup d’effet.
      Si vous disposez d’un peu d’espace, misez sur la variété des plantations. Des bacs de taille suffisante, dans lesquels vous plantez des espèces vivaces tout en laissant de l’espace pour quelques annuelles. Un ou deux petits conifères ou arbustes que vous taillez de façon adéquate, et le tour est joué. Pensez à des plantes retombantes qui descendront le long de vos façades.
      Mais quelle que soit l’option choisie, une solide fixation s’impose.
      Concernant les essences, le choix dépendra de vos goûts mais aussi de l’exposition de votre façade et du but recherché (feuillage ou fleurs, recouvrement total ou léger et localisé,...).
      Le lierre sauvage ou l’hortensia grimpant qui s’agrippent aux murs à l’aide de racines aériennes ou de ventouses et qui ne nécessitent pas de palissage.
      La glycine, la capucine, le pois de senteur, le chèvrefeuille ou la clématite qui s’accrochent à l’aide de vrilles ou qui s’enroulent autour d’un filin.

      N’hésitez pas à revenir vers nous concernant vos aménagements verts !



  • RégisVicart
    RégisVicart le 31/07/2011 à 19:31:12

    Voilà qui va à l'encontre des idées reçues. Merci pour les conseils!


Construire en béton

Fondations, murs, planchers, le béton propose un panel complet de solutions pour construire sa maison.

 

Maisons récompensées

Palmarès 2011 et 2012

Découvrez sur une carte la localisation des maisons récompensées en 2011 et en 2012.

carte de france

Nuage de Tags